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Publié par Bernard et rédigé par Bruno et Thierry

Embrunman 2017
Embrunman 2017

De retour à Embrun pour ma 3ème participation à ce mythique triathlon. Objectif de la saison, avec une préparation axée sur le dénivelé à vélo bien sûr, avec 5 000km, 600km en course à pied et 110km en natation.
 Chrono visé: 12h30 pour un Top 100. 
Cette année couchage à la station des Orres avec toute la famille presque au grand complet: Mimi, Mèl, mes parents, mes 2 frérots avec leur suite, soit un fan club de 12 personnes !!! Ouh c'est bon ça. Un collègue de club de Tri, Chiffon qui avait coché cette épreuve en début de saison a loué un grand appart à Embrun. Malheureusement, sa préparation et sa blessure à l'épaule l'ont contraint à renoncer à l'épreuve. La Loïc Familly and Co est aussi sur Embrun. Grosse prépa à vélo pour Loïc avec 7 000km de vélo et énormément de D+. Mon pote Thierry CLF arrive avec Isabelle sur Embrun. Gros mental le garçon, je sais qu'il ne lâchera pas l'affaire comme ça. Tiens mon pote Ludo débarque aussi pour nous supporter. La fête s'annonce belle.
Derniers réglages, petit restau la veille de course avec les potos. La pression monte. Chiffon veut bien m'héberger dans son appart, pour me faire gagner 45 minutes de sommeil et une dose de stress en moins. Trop sympa. En plus, avec Ludo ils profiteront de mes ronflements... Après une nuit correcte, réveil 4h00, café, gâteau sport et nous voilà avec Loïc avec notre cagette aux embouteillages de l'entrée du parc à vélo. Pénible, ok pour vigipirate, mais purée, mettez du monde pour contrôler les 1095 athlètes: pas seulement 4 lignes bordel. Bref, avec tout ce temps perdu, juste le temps de se préparer et voilà le speaker qui appelle les 50 féminines pour leur départ à 5h50. Air à 14 et eau à 20,5. Il fait bien nuit, mais comme d'hab l'immense foule est là pour nous encourager.
Quelle ambiance, aller à nous, c'est parti pour 3.8km de nat. Pas très bien placé, au beau milieu de la meute. Finalement pas de bagarre, tout se passe bien, 1 tour, le soleil se lève au dessus des montagnes, 2 tours, je sors de l'eau frais comme un gardon. Mon chrono me déçoit un peu 1h06, pas grave. Transition moyenne, je mets une tenue vélo. Place à la grande boucle de 188km, grosse ambiance à la sortie du parc, c'est super génial à vous donner des frissons, à vous faire pleurer comme un gosse...bref on est bien à Embrun! Bonnes jambes d'entrée, route des Puys, pont de Savines le lac et nous voilà au rond point des Orres. Fan club et grosse ambiance, c'est fou. Direction les balcons de la Durance, le soleil est bien là et le vent se lève déjà. Tiens coucou c'est Marco à Guillestre.
Superbe parcours, les gorges du Guil, Arvieux (coucou Mika), les jambes répondent toujours bien. Tiens Chiffon en reco à vélo que je dépasse avant la case déserte. J'arrive au sommet à 11h20, good en avance de 10' sur mes prévisions. Ravito perso, et grosse descente sur Briançon, tiens on dirait une tenue du TVSV, bon sang mais c'est bien sûr, c'est mon Ludo qui récupère 10 jours après l'Ironman de Maastricht sur le parcours vélo de l'embrunman ! Il est fou....Causette avec mon poto sur un bout de descente, ça fait du bien au moral. Bon maintenant, les choses sérieuses commencent. Après Briançon, les 100km qui restent ne sont pas les plus drôles. Le vent affectionne toujours ces belles vallées de l'Argentière et de la Durance.
Va falloir bien se coucher sur les prolongateurs. Tiens voici la côte Pallon avec ses 3km à 14%, mon 36x28 est bien gentil.
L'aérodrome arrive, et avec le vent, plusieurs concurrents se regardent, ça roule pas, ça sent le drafting. J'enquille le petit plateau, je me pose et trace ma route. Bonne idée, car l'équipée qui s'était abritée derrière moi, se fait grassement cartonner par un arbitre. Les balcons de La Durance, je me tire la bourre avec un gars pas drôle, si si ça existe. On se double et redouble. On arrive à Embrun,  corne de brume et drapeau ça fait du bien de revoir les siens. Tiens le gars pas drôle à une langue "c'est quand qu'on arrive?" 
Après le Chalvet, environ 4 bornes de montée, mon copain! Et là, pour, il a explosé! Le cerveau a lâché. Bon aller, je pose le vélo en 7h16. Je merde la transition et je pars sur le marathon.
J'avais convenu de courir entre 5 et 6 au kilomètre suivant le dénivelé pour accrocher 3h45. J'ai de bonnes jambes, je tiens le choc, il fait 32 degrés et toujours ce vent bien sur. 3 tours à faire avec une belle côte à gravir à chaque fois.  2eme tour le temps se couvre, merci. Un jeune concurrent se met dans ma foulée et me demande, Monsieur: vous courrez à quelle allure? Je débute mon 1er tour. Je suis sur une base de 12km/h. Ça vous gêne si je reste avec vous? Non au contraire, tu as quel âge ? J'ai 21 ans. Purée, tu n'as pas froid aux yeux, tu pourrais être mon fiston, te lancer sur une course comme ça à ton âge !
Me voilà donc à courir avec Gautier, qui reste bien calé dans ma foulée. Au fil du temps, 1, 2 et 3 autres coureurs se mettent à courir avec nous dont une femme. Nous sommes désormais un petit groupe qui a fier allure et qui avance bon train. On entend ici et là des supporteurs qui disent: regardez les, ils ont une belle foulée ceux la ! Dur de tenir les plans au fil des kil, et cette côte est usante malgré tous les encouragements du public et de mon super Fan club.
Les autres coureurs décrochent mais Gautier tiens le choc. Je donne quelques conseils à mon compagnon qui coure son 1er marathon. 3ième tour, la côte me fait mal et je suis obligé de réduire la cadence. Vas y Gautier, ne m'attends pas! Non je reste avec toi. Je suis en train de prendre le mur du 30ième kilomètre, je serre les dents et le mental tiens bon je coure quand même. Je sais que les jambes vont revenir. Au bout d'une dizaine de minutes, en effet, la machine redémarre. 
Il reste environ 7 kilomètres, Je regarde ma montre et vois que l'objectif de passer en 12h30 s'éloigne....Gautier, je vais essayer d'accélérer progressivement. N'essaie pas de me suivre, il te reste 21km, garde en sinon tu vas exploser! J'accélère et Gautier tente de me suivre puis se raisonne et me dit:
Finis bien Bruno et merci beaucoup pour ton aide. Courage mon Gautier, t'es un champion! Tu m’as aidé autant que je t’ai aidé, tu sais…Je m'accroche et fini au courage avec tout ce qui me reste comme dans les tripes.
Le marathon s'achève en 3h58. Soit 12h31 sous l'arche 97ème position. Heureux, mission presque accomplie...
Conclusion: ne pas négliger les transitions en triathlon...en tout cas sportivement, rien à regretter, tout donné.  Un grand merci à tous  pour vos encouragements et surtout à ma petite famille chérie, promis l'année prochaine on n’ira pas en vacances à Embrun 😜
 Et chapeau à Thierry et Loïc 
A bientôt pour de nouvelles aventures !
Bruno

uno

L'Embrunman du 15 août 2017

Avant de commencer le compte-rendu de la course, quelques mots sur les jours qui précèdent. Le doute fait surface une dizaine de jours avant et on s’interroge pour savoir si on a bien fait de s’inscrire, si on va arriver au bout, si on aura les jambes, si les entrainements suffisent et si on est vraiment motivé. Des douleurs inconnues jusqu’alors apparaissent, douleurs aux jambes, aux bras, au dos l’ensemble est à mettre sur le compte de l’épreuve.

Les jours passent et la veille dans les superbes montagnes nous arrivons à Embrun, un hôtel  juste en face de la salle des fêtes. Dépose des bagages et prêt pour retirer le dossard, je m’insère  dans la queue et je reçois deux petits coups sur l’épaule.  Je me retourne face à un objectif  FR3 région PACA qui m’interroge sur le fait de retirer le dossard.  Réfléchir vite et pas dire trop de conneries, je prononce quelques phrases et ils m’abandonnent. Je retourne  pour rependre ma place avec un bon coup de chaleur.  Retrait du dossard et retour à la voiture pour poser le vélo dans la zone de transition, je repars avec une caisse et deux gourdes. Un petit plouf histoire de se rafraîchir dans le lac, l’eau est agréable. Retour à l'hôtel pour finir  les préparations,  le soir je retrouve Loïc et Bruno pour un repas au restaurant avec un bon plat de pâtes fraîches. Une belle soirée qui fait un peu oublier l’objectif de notre rendez-vous. La nuit suivante est bonne avec, de temps en temps, une vérification de l’heure.

A quatre heures du matin le réveil sonne, je prépare mon petit-déjeuner avec un gâteau énergétique au chocolat et du thé puis nous quittons l’hôtel. Avant d’arriver à la zone de transition, je dois passer le contrôle d’identité, ce n’est pas une mince affaire. Pendant 30 minutes j’attends debout. Enfin mon tour, je reprends ma caisse et me dirige vers mon vélo. Je croise Bruno qui est un peu tendu et je vois Loïc qui prépare la mise en place de ses affaires. Ce n’est pas facile, la caisse n’est pas habituelle et donc c’est un peu la panique.  Loïc est à côté, on échange quelques mots, on s’entraide pour fermer nos combi puis on se dirige tout doucement vers le départ. Bruno est devant, il essaie d’avoir une bonne position pour pouvoir battre son record. A quelques mètres du départ, l’angoisse arrive, j’ai faim, j’ai soif, j’ai envie d’aller aux toilettes. Tout y passe mais bon je nettoie mes lunettes de nage. Le départ s’avance, je mets les pieds dans l’eau.

Yes, c’est parti, vive la course. J’arrive immédiatement  à poser ma nage mais les premières bouées sont loin sur ma gauche. Il y a trop de monde. Au deuxième tour j’optimise la trajectoire pour faire le moins de distance possible. Je prends une crampe à la jambe droite, je me retourne, il y a plus personne derrière moi, je  dois être le dernier, de nouveau en crawl je termine les 200 m du parcours natation. Avant de sortir de l’eau, je reste cinq secondes debout dans l’eau jusqu’à ce que tout se stabilise après je file à la transition avec un changement complet.  

Les vêtements collent et c’est pas facile de se changer. Je fais quatre fois le tour de tout ce que je dois emporter, je décroche mon vélo et c’est parti tout à gauche pour chauffer les muscles. Après 45 km, j’entends mon prénom, je crois reconnaître Mireille la femme de Bruno. Un croisement plus loin, c’est ma femme qui est là, je vais vers elle car elle ne m’a pas vu, nous échangeons quelques mots et je pars pour la grande boucle. Guillestre, les gorges, un virage à gauche et j’attaque l’ascension du col de l’Isoard, la route devient pendue et toute droite. Pose à Arvieux  pour de l’eau et manger banane et fruits secs. J’arrive aux premiers virages. Loïc me dépasse, je suis dans le rouge, j’entends des coups de marteau dans la tête, dans les tempes et j’ai mal au ventre. Un camping-car à droite et je stoppe une minute afin d’arrêter la batterie que j’ai dans la tête. Je repars toujours dans le rouge vif, je m’accroche, je regarde ma montre, merde le temps passe, alors un sursaut d’énergie me fait avaler les trois derniers kilomètres.  L’Isoard, je récupère mon sac et installe  le journal que Loïc m’a donné  sous mon maillot et je descends sur les freins puis de plus en plus vite. Je traverse Briançon sans problème, je profite des lignes droites après Briançon pour manger le sandwich que j’avais préparé. Le reste de la boucle de vélo se passe bien. Mes jambes sont là, le plaisir aussi.…Une pose à Pont-Neuf pour se ravitailler avant la dernière bosse de Chalvet.  J’en termine avec le vélo.

Changement complet à la transition, cette fois mes jambes se refroidissent et se durcissent. Heureusement, deux gentilles et charmantes jeunes femmes viennent me masser sous le regard amusé de ma femme. Premier tour de course à pied difficile au début mais qui se terminera 1h30 plus tard. Le 2ème tour est très dur, je n’arrive plus rien à avaler mais je n’arrête pas d’avancer. Au départ du 3ème tour, je retrouve l’équipe de kinés, je m’assois le temps d’un massage de cuisse.  Ma femme me suit en VTT, j’arrive à manger trois Tuc et deux quarts de tomates. Avec la nuit qui tombe, mes jambes sont de retour,  je cours à 8 km puis à 10 km/h. Je suis bien,  j’apprécie les dernières secondes porté par le public et c’est l’arrivée.

Conclusion : J'ai pris beaucoup de plaisir lors de cette épreuve que je conseille, l’organisation est top, le public nous porte et les paysages sont magnifiques. Les moments difficiles sont vite oubliés une fois la ligne d’arrivée franchie.

Je remercie tous ceux qui m’ont  donné des conseils durant la préparation ou qui m’ont suivi durant la journée du 15 Août 2017.

Thierry

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